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Channel: Press Releases | Source: Die Form | Published: Dec 1, 1990

About Photogrammes...
by Tony LEDUC-GUGNALONS

L’expérience volontaire de la douleur est intrinsèquement humaine. Elle naît de la clairvoyance tragique et désespérée de l’homme qui admet la réalité manifeste de la mort. Il ne s’agit plus de feindre cette destinée que l’on réserve aux autres. Feinte ou vérité instinctive que l’homme pose d’emblée comme postulat : dès lors que la mort sera, nous ne serons plus. Pourquoi craindre alors ce à quoi nous ne serons jamais confrontés ? Ce n’est pas tant la mort que l’idée même de la mort qu’il faut appréhender car elle seule constitue la source inaltérable de nos plus pesantes lamentations. Nous tentons, en fins stratèges, de la masquer à notre esprit et la jeunesse, suprême alliance, parvient à alimenter ce mensonge décisif. Le temps cependant fait son œuvre et pèse chaque jour davantage sur notre conscience. La mort aussi. Il ne s’agit donc pas d’en subir les affres, de l’attendre dans cette passivité naïve qui nous fait vainement espérer sa clémence. La mort, il n’y a que les vivants qui en souffrent et si « un autre jour est une autre vie » 1, nul ne doit oublier qu’il s’agit d’une vie en moins. 

Certes, « philosopher, c’est apprendre à mourir » 2, mais il existe une alternative exprimée par Photogrammes : la douleur. Ce choix poussé à son paroxysme annihile non seulement ce qu’elle génère mais aussi la moindre expression sensorielle. Cette absence sensitive est physiologiquement ce qui nous rapproche le plus des raisons qui nous font refuser psychologiquement la mort. Cette ataraxie est une quête sans cesse renouvelée d’un état qui se situe hors de la conscience : I have lost your eyes 3, autrement dit, le médium perméable qui trahit chez l’être, le sentiment, la sensation, en un mot finissant, la vie. L’expérience de la douleur est dans ce cadre une connaissance supposée de la mort, la matérialisation de l’éternelle inconnue, une perception qui se fourvoie. Elle est l’exécrable morphine qui calme le mal sans toutefois le guérir, une violence physique pour une quiétude spirituelle. Elle est enfin un miroir inutile pour la fille aux yeux morts 4. Inutile ? Aucunement. Si cet auguste mensonge ne trompe en rien la mort, elle altère nos sens et notre raison. Il est une liqueur raffinée qui nous donne le courage de faire le premier pas dans un combat perdu d’avance. Il est l’expression d’une rage sans espoir de vaincre et l’antichambre d’un désespoir inavoué qui laisse l’homme esseulé dans le champ dévasté de sa conscience. Comme le cri de Munch cristallisant l’effroi d’une révélation mortelle, il fige le questionnement de l’être sur sa condition ; une interrogation demeure, la seule qui vaille : will you live again ? 5

C’est une vérité établie : la douleur est aussi un art et son omniprésence ne masque pas le fait que Photogrammes est avant tout cette transposition du réel dans un microcosme nouveau qui entraîne, c’est une nécessité, une transposition du regard sur un monde immaculé(e). 6

(Tony LEDUC-GUGNALONS)
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1 Paroles extraites de  Remission, Photogrammes.

2 Les essais, Montaigne.

3, 4, 5, 6 Titres extraits de Photogrammes.